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Scène V ·

Une lettre chiffrée de 1809, lue 217 ans plus tard par un modèle d'IA

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La lettre au général Marmont déchiffrée par GPT-6 Astra, le message radio allemand de 1918, et ce que ces deux affaires disent de notre capacité à retrouver l'information.

Le post, en entier

Une lettre chiffrée adressée à un général de Napoléon vient d'être lue. 217 ans après avoir été écrite.

Il n'a pas fallu un cryptographe. Il a fallu un modèle.

Carter Church a soumis le manuscrit à GPT-6 Astra. Une seule image en entrée, un objectif, et environ six heures de travail du modèle. Il n'a pas seulement cassé le chiffre : il a fait toute la chaîne, de la lecture de l'écriture manuscrite à la restitution du texte lisible. C'est ce qu'il retient lui-même : le plus impressionnant n'est pas le décryptage, c'est que le travail complet soit sorti d'une image, sans intervention humaine entre les deux.

La lettre était classée non résolue. Elle était adressée au général Marmont, duc de Raguse, maréchal d'Empire, en 1809. Le chiffre employé alors entre l'Empereur et ses généraux reposait sur une substitution à représentation multiple : des centaines de lettres et de signes pour un même alphabet. Le genre de système qui résiste, non pas parce qu'il est incassable, mais parce qu'il ne reste personne pour y consacrer des mois.

Si je parle de ça aujourd'hui, ce n'est pas pour la cryptographie.

C'est parce que cela dit une chose simple : on ne peut plus rien cacher. Aucune information ne reste dissimulée assez longtemps pour qu'un jour quelqu'un ne soit pas capable de la retrouver, de façon automatisée, sans même comprendre le code qui la protégeait.

Et ce n'est pas un accident isolé. Le même mois, un message radio de l'armée allemande du 27 novembre 1918, chiffré en ADFGVX et illisible depuis 108 ans, est tombé de la même façon, le modèle allant jusqu'à vérifier son propre résultat dans les journaux de bord de la Royal Navy.

Aujourd'hui, avec des outils comme celui-là et Claude, on agrège des milliards de données depuis un ordinateur personnel, on en sort des indicateurs précis, on anticipe des faits, et on lance un millier de recherches en quelques minutes. Ce qui demandait un service entier il y a dix ans tient maintenant sur un bureau.

C'est une partie de ce qui occupe mon temps : la recherche de la vérité et la compréhension des faits à grande échelle. Ce décryptage m'interpelle parce que, dans un tout autre domaine, c'est l'informatique qui m'a permis de décrypter une grande partie des pratiques cachées de certains distributeurs alimentaires.

Je vous en parle un peu aujourd'hui. À partir de maintenant, j'en parlerai toutes les semaines.

IA #données #transparence

Ce que dit le post

Une lettre chiffrée adressée au général Marmont en 1809, classée non résolue, a été déchiffrée par le modèle GPT-6 Astra à partir d'une seule image, en six heures environ 1 2 3. Le même mois, un message radio allemand du 27 novembre 1918, chiffré en ADFGVX, est tombé de la même façon, et le modèle a lui-même vérifié son résultat dans les journaux de bord de la Royal Navy 6.

La lettre au général Marmont

1

Article · X (Twitter), @CarterWChurch · 30 septembre 2026

Le fil de Carter Church (1/6)

« I used GPT-6 Astra to break an unsolved cipher to one of Napoleon's generals that had gone unread for 217 years. What makes this impressive isn't actually the codebreaking, but that Astra completed the entire multi-modal workflow in ~6 hours from a single image and goal. » La capture du fil est en haut de page.

x.com ↗

2

Article · RuntimeWire (Ryan Merket) · 1er octobre 2026

GPT-6 Astra helped decode a 217-year-old cipher letter to Napoleon's marshal

Le récit le plus détaillé : 1 300 unités chiffrées et 155 signes distincts, une clé partielle de 33 valeurs déjà connue, un programme de résolution écrit par le modèle lui-même, et une relecture par le spécialiste Satoshi Tomokiyo. Carter Church signale lui-même cinq signes encore incertains.

runtimewire.com ↗

3

Article · Cryptiana (Satoshi Tomokiyo) · 20 septembre 2026

Unsolved ciphers : « Encoded Letter to Marshal Marmont (1807) — Solved »

La lettre figurait sur cette liste de référence des chiffres historiques non résolus. Elle y était datée de 1807 ; la solution de Carter Church a permis de corriger la date en 1809. Le seul original connu est une reproduction parue dans la Revue historique de l'armée en 1969 (J. Vilcoq, « Le Chiffre sous le Premier Empire »).

cryptiana.web.fc2.com ↗

4

Article · Bloomberg Government · 3 septembre 2026

OpenAI Rolls Out GPT-6 Astra Model With Cyber Guardrails

GPT-6 Astra est un modèle d'OpenAI sorti le 3 septembre 2026, d'abord réservé à des entreprises partenaires.

news.bgov.com ↗

5

Article · Military Intelligence Museum (Royaume-Uni)

George Scovell, the man who broke Napoleon's codes

Le fonctionnement des chiffres napoléoniens : des tables de nombres qui remplacent lettres, syllabes et mots, de la cinquantaine de signes des « petits chiffres » au « Grand Chiffre » de 1811, avec des nombres sans valeur pour égarer le lecteur.

militaryintelligencemuseum.org ↗

Le message radio de 1918

6

Article · prinzai.com · 17 septembre 2026

GPT-6 Astra Solves a WWI German Radio Cipher

Un message radio allemand du 27 novembre 1918, émis en mer Noire, 170 caractères en ADFGVX, tiré de la liste des chiffres non résolus de Klaus Schmeh. Le texte clair annonce l'arrivée d'un croiseur anglais à Sébastopol. Le modèle a vérifié son résultat dans les journaux de bord du HMS Canterbury, arrivé à Sébastopol le 24 novembre 1918.

prinzai.com ↗

7

Article · Wikipedia

Georges Painvin

Le contexte : le chiffre ADFGVX, inventé par le lieutenant allemand Fritz Nebel et mis en service le 30 mai 1918, fut percé par le Français Georges Painvin dès le 2 juin 1918. Mais chaque clé quotidienne devait être cassée à nouveau, d'où des messages restés illisibles jusqu'à aujourd'hui.

en.wikipedia.org ↗

Repères

  • Marmont : duc de Raguse en 1808, gouverneur de la Dalmatie, fait maréchal d'Empire le 12 juillet 1809, au lendemain de Wagram.
  • La lettre : elle part du quartier général d'Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie, et relaie des ordres de Napoléon du 16 mars 1809. Elle compte 1 300 unités chiffrées pour 155 signes distincts.
  • Le Grand Chiffre : à partir de 1811, l'armée d'Espagne emploie des tables d'environ 1 400 nombres.
  • Après le modèle : le résultat a été relu par le spécialiste Satoshi Tomokiyo.
  • Le message de 1918 : déchiffré par l'auteur du blog prinzai.com, qui a vérifié le résultat dans les journaux de bord du HMS Canterbury, transcrits sur naval-history.net.

Mises à jour

  • 2 octobre 2026 : création de la page.

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